Les risques climatiques à l’étranger ont des répercussions sur l’économie suisse via les chaînes d’approvisionnement internationales. Quelles branches sont les plus touchées ? Comment les pertes de production évoluent-elles d’ici à 2060 ? Quels risques climatiques provoquent les plus fortes perturbations dans les chaînes d’approvisionnement internationales ? Les principales conclusions sont présentées ici et des actions recommandées sont mises en évidence.
Les probabilités que les risques climatiques à l’étranger entraînent des répercussions économiques importantes en Suisse augmenteront dans la plupart des pays d’ici à 2060, en particulier dans ceux qui sont fortement exposés à une combinaison de plusieurs menaces. Comme prévu, la hausse est plus élevée dans un scénario sans mesures de protection climatique mondiale (RCP8.5). Mais même dans un scénario prévoyant des mesures de protection du climat conséquentes (RCP2.6), il faut s’attendre à un fort pourcentage d’augmentation des répercussions économiques sur la Suisse.
En particulier dans le scénario de changements climatiques marqués (RCP8.5), la Suisse pourrait subir une forte augmentation des pertes de production par l’intermédiaire de plusieurs pays européens économiquement importants, dont certains pays voisins.
Les changements dans les pays voisins sont particulièrement importants, car ils comptent parmi les principaux partenaires commerciaux de la Suisse. De nombreuses entreprises suisses s’approvisionnent auprès d’eux en matières premières, en composants ou en services avant d’y revendre leurs produits.
En d’autres termes, lorsque des perturbations climatiques telles que des inondations ou des tempêtes surviennent dans ces régions, cela peut affecter la production et l’économie en Suisse. De telles conséquences indirectes sont déjà perceptibles aujourd’hui et seront selon toute vraisemblance plus fréquentes et plus graves à l’avenir. C’est pourquoi il est important de ne pas perdre de vue les évolutions à l’étranger dans le cadre de l’adaptation aux changements climatiques et de la protection du climat.
Evolution des pertes de production en Suisse jusqu'en 2060
Par exemple, les pertes de production en Suisse résultant des risques climatiques survenant en Russie en 2060 seront de 200 à 300 % plus élevées qu’aujourd’hui.
Dans l’ensemble, les aggravations observées jusqu’en 2060 sont presque exclusivement imputables aux inondations fluviales. Dans les deux scénarios d’avenir étudiés, leur fréquence et leur intensité augmentent nettement. De ce fait, le nombre de pays dans lesquels de tels événements pourraient entraîner des répercussions économiques particulièrement fortes sur la Suisse augmente également. Il est probable qu’à l’avenir, les inondations fluviales causent les dommages indirects globaux les plus élevés en Suisse, tous pays confondus. Les dommages causés par les tempêtes hivernales européennes et les cyclones tropicaux restent comparables aux valeurs actuelles car, selon l’état actuel des connaissances, leur fréquence et leur intensité n’augmentent pas de manière substantielle.
Aujourd’hui déjà, les inondations fluviales font partie des dangers climatiques qui affectent le plus l’économie suisse via les chaînes d’approvisionnement internationales. Dans de nombreux pays avec lesquels la Suisse est étroitement liée sur le plan économique, les inondations le long des cours d’eau entraînent des pertes de production, des flux de livraison interrompus et des retards dans le transport des marchandises.
Les pays dans lesquels les inondations fluviales sont fréquentes et où il existe en même temps de fortes interdépendances économiques avec la Suisse sont particulièrement critiques. Dans de tels cas, des inondations isolées peuvent avoir des conséquences importantes sur la stabilité et la résilience de chaînes de création de valeur complètes.
Certaines années, les événements extrêmes à l’étranger peuvent entraîner des pertes de production parfois importantes et confronter ainsi certaines entreprises à des conséquences considérables. De telles variations ne sont souvent pas visibles en raison des valeurs moyennes annuelles généralement utilisées.
Si, par exemple, un fournisseur important fait totalement défaut, une entreprise peut être contrainte d’arrêter sa production ou de chercher d’autres fournisseurs, avec les incertitudes économiques correspondantes.
En 2024, les entreprises suisses ont par exemple été touchées à plusieurs reprises par des phénomènes météorologiques extrêmes et des catastrophes naturelles à l’étranger. Ainsi, des inondations en Asie du Sud, des vagues de chaleur en Europe du Sud et des tempêtes en Amérique du Nord ont fortement perturbé les chaînes d’approvisionnement internationales et entraîné des arrêts temporaires de la production. Ces événements liés aux changements climatiques ont eu un impact notable sur l’évolution du chiffre d’affaires, les structures de coûts et les calendriers des entreprises suisses, surtout lorsqu’ils sont combinés et succincts. Dans certains cas, il y a eu d’importants décalages de chiffre d’affaires au cours de l’exercice. Les expériences de 2024 montrent que de telles perturbations liées au climat peuvent représenter un risque croissant dans toutes les branches.
Effets indirects sur les chaînes d’approvisionnement des branches suisses
Du fait de sa forte interdépendance internationale, l’économie suisse est exposée à un risque croissant d’effets indirects des changements climatiques. Les risques climatiques tels que les inondations fluviales, les tempêtes hivernales européennes et les cyclones tropicaux dans d’importantes régions de production peuvent avoir des répercussions sur différentes branches suisses, même si les événements se déroulent loin.
Le commerce de gros, la branche pharmaceutique, l’industrie des machines, des équipements électriques et des métaux (MEM) ainsi que le secteur de la construction sont particulièrement touchés par les risques climatiques mondiaux du fait de leurs chaînes d’approvisionnement. L’industrie agroalimentaire et l’agriculture, deux moteurs de l’économie suisse, peuvent subir le même sort. Si l’industrie textile risque les plus grosses pertes, son importance est toutefois moindre en Suisse sur le plan économique.
L’industrie des machines, des équipements électriques et des métaux (MEM) compte parmi les branches les plus importantes de Suisse. Avec un volume d’exportation d’environ 70 milliards de francs en 2023, elle génère plus d’un quart des exportations du pays. Ses matières premières, ses produits semi-finis et ses biens d’investissement proviennent principalement d’Europe et d’Asie. Les importations comprennent les métaux, les produits chimiques, les machines, les ordinateurs ainsi que les produits électroniques et véhicules.
Les perturbations liées au climat dans le secteur des services étrangers et dans l’industrie manufacturière ont le plus grand impact sur l’industrie MEM suisse. Cette influence est appelée à s’accentuer à l’avenir. Cela s’explique d’une part par les progrès de la numérisation et de l’automatisation dans l’industrie MEM suisse, une évolution fortement tributaire des services informatiques, de la logistique et de l’ingénierie fournis à l’étranger et, d’autre part, par le fait que les risques climatiques augmenteront à l’étranger.
Pertes de production dans l’industrie MEM suisse dues à des chaînes d’approvisionnement perturbées
Par exemple, dans le scénario « Future 2 » (2060, scénario avec changements climatiques forts, RCP8.5), l’industrie MEM suisse enregistre la plupart des pertes de production liées au climat en raison des risques climatiques en Allemagne. Cela provient principalement de perturbations dans le secteur des services (Service) et dans l’industrie manufacturière (Manufacturing).
Cette branche comprend des cabinets d’avocats, des études de notaires, des conseils juridiques, des cabinets de comptabilité et d’audit, des administrations d’entreprises et des sociétés de conseil suisses. Ses prestations sont avant tout basées sur les connaissances et les compétences. La branche est importante pour la Suisse, puisqu’elle représente près de 5 % de la performance économique totale du pays.
La chaîne d’approvisionnement du secteur tertiaire se compose principalement de services étrangers, tandis que les matériaux et produits ne représentent qu’une faible part (p. ex. équipements de bureau tels que les ordinateurs). Par conséquent, ce sont surtout les défaillances dans le secteur des services des pays européens qui sont responsables des pertes de production en Suisse. D’après les évaluations, ceux-ci vont augmenter à l’avenir.
Par exemple, dans le scénario « Future 2 » (2060, scénario avec changements climatiques forts, RCP8.5), le secteur suisse des services enregistre la plupart des pertes de production liées au climat en raison des risques climatiques en Allemagne. Ceci provient principalement de perturbations dans le secteur allemand des services (Service) et, dans une moindre mesure, dans l’industrie manufacturière (Manufacturing).
Le secteur agroalimentaire et l’agriculture suisses sont fortement tributaires des importations, notamment pour le fourrage, les semences, les engrais et les aliments de base comme le riz ou le café. Cette dépendance vis-à-vis des importations rend les branches nationales vulnérables aux pertes liées au climat dans les régions de culture à l’étranger. Du fait des changements climatiques, les pertes de récoltes directes dans les pays producteurs dues à des inondations fluviales ou à des cyclones tropicaux pourraient entraîner des pertes de production indirectes en Suisse.
En effet, les conséquences directes sur l’agriculture à l’étranger sont à l’origine des principales pertes de production dans l’industrie agroalimentaire suisse. Les perturbations causées par le climat dans d’autres secteurs à l’étranger, notamment en Europe, peuvent également entraîner des pertes de production, par exemple dans le secteur des services et, dans une moindre mesure, de l’industrie manufacturière.
Pertes de production dans le secteur agroalimentaire et l'agriculture Suisse dues à des chaînes d'approvisionnement perturbées
Par exemple, dans le scénario « Future 2 » (2060, scénario avec changements climatiques marqués, RCP8.5), le secteur agroalimentaire et l’agriculture suisses enregistrent la plupart des pertes de production liées au climat en raison des risques climatiques en Allemagne. Ceci provient principalement de perturbations dans le secteur allemand des services (Service), de l’agriculture (Agriculture), de l’industrie manufacturière (Manufacturing) et, dans une moindre mesure, des services publics (Utility).
Le secteur agroalimentaire et l’agriculture suisses jouent un rôle important dans la sécurité de l’approvisionnement. Aujourd’hui, l’importation de biens critiques fonctionne de manière relativement fiable. À l’avenir, les marchandises importées d’un petit nombre de pays pourraient toutefois constituer un risque majeur. Ainsi, la Suisse est fortement dépendante des engrais et des semences des pays voisins. De même, pour le riz ou le café, des perturbations liées au climat pourraient compromettre la sécurité de l’approvisionnement.
L’industrie pharmaceutique revêt une grande importance pour la Suisse. Elle dépend fortement des importations : 70 % des matières premières nécessaires proviennent de l’UE.
Aujourd’hui déjà, les inondations fluviales constituent le principal risque climatique qui pèse sur les chaînes d’approvisionnement mondiales de l’industrie pharmaceutique, et cette situation s’accentuera à l’avenir. Les sites de production en Europe et en Asie, où de nombreux produits pharmaceutiques intermédiaires sont fabriqués et de nombreux services pharmaceutiques sont fournis, sont particulièrement exposés.
Par rapport à aujourd’hui, les pertes de l’industrie pharmaceutique suisse doublent presque chaque année dans le scénario avec des changements climatiques modérés (RCP2.6) et triplent même dans le scénario avec des changements climatiques marqués (RCP8.5). Les pertes les plus importantes sont imputables aux perturbations liées au climat du secteur étranger des services (Service) – qui fait partie intégrante de la logistique, du transport et de l’infrastructure informatique – et de l’industrie manufacturière (Manufacturing), suivies par l’agriculture (Agriculture), qui fournit les ingrédients et les matières premières.
Pertes de production dans l’industrie pharmaceutique suisse dues à des chaînes d’approvisionnement perturbées
Par exemple, le secteur pharmaceutique suisse enregistre des pertes de production dans le scénario « Future 2 » (2060, scénario avec changements climatiques marqués, RCP8.5) principalement en raison des risques climatiques en Allemagne. Ceci provient principalement en raison de perturbations dans le secteur des services (Service) et dans l’industrie manufacturière (Manufacturing).
En ce qui concerne la sécurité de l’approvisionnement en médicaments, il convient de mentionner que, en Suisse, la branche se concentre de plus en plus sur la production de médicaments hautement spécialisés et moins sur les médicaments pour les soins de base tels que les antibiotiques, les médicaments cardiovasculaires, les analgésiques ou l’insuline. La majorité de ces médicaments nécessaires aux soins médicaux de base sont produits en Asie, par un petit nombre de fabricants.
Cette situation a rendu les chaînes d’approvisionnement plus vulnérables. Les perturbations dues à des événements climatiques extrêmes peuvent rapidement entraîner des ruptures.
Aujourd’hui déjà, les pénuries d’approvisionnement sont devenues plus fréquentes en Suisse. Les changements climatiques pourraient encore aggraver ces défis, car ils influencent non seulement les chaînes d’approvisionnement, mais favorisent simultanément aussi la propagation d’agents pathogènes et de maladies des voies respiratoires, cardiaques et circulatoires, augmentant ainsi la demande de médicaments.
La demande de matières premières critiques telles que le cuivre, le lithium et les terres rares devrait augmenter considérablement. Ces matières sont indispensables aux technologies de la transition énergétique et trouvent application notamment dans la production de véhicules électriques, d’éoliennes et de systèmes de batteries de stockage. Toutefois, leur extraction dépend souvent de facteurs géopolitiques et s’accompagne de préoccupations environnementales. De plus, sa provenance est limitée à quelques pays.
La Suisse importe principalement des produits semi-finis au lieu de s’approvisionner directement en matières premières. Parmi les principales importations figurent le cuivre raffiné pour les machines, les produits phosphatés pour l’industrie pharmaceutique et agroalimentaire ainsi que le magnésium et le titane pour l’industrie high-tech. La plupart des matériaux sont achetés indirectement via l’UE.
En chiffres absolus, les pertes les plus importantes en Suisse dues aux risques climatiques à l’étranger ont été enregistrées dans l’industrie pharmaceutique, dans les secteurs de l’approvisionnement en électricité, en gaz et en vapeur ainsi que dans le domaine de la climatisation. L’industrie pharmaceutique est fortement dépendante des matières premières importées, notamment des produits chimiques. Le secteur de l’approvisionnement en électricité est lui tributaire des produits miniers. Des pertes considérables ont également été enregistrées dans le secteur de la construction, de l’industrie chimique ainsi que pour la fabrication d’ordinateurs de même que de produits électroniques et optiques. Toutes ces branches dépendent de matières premières pour leurs processus de production, par exemple de l’acier dans la construction ou de certains métaux pour les composants électroniques.
En termes relatifs, les pertes les plus importantes sont enregistrées dans l’industrie manufacturière, en particulier dans la production de coke, de produits pétroliers raffinés, de métaux de base et de produits chimiques.
Pertes de production dans les branches suisses en raison d’une production de matières premières perturbée à l’étranger
Par exemple, la branche suisse de la fabrication de métaux de base (Manufacture of basic metals) perd plus de 0,022 % de sa valeur de production totale dans le scénario « Future 2 ».
Les principaux producteurs et partenaires importateurs de matières premières critiques
Les ruptures d’approvisionnement découlant de risques climatiques à l’étranger sont les plus probables pour des matériaux tels que le lithium, les terres rares, le graphite, le titane et le manganèse raffiné. Non seulement peu de pays extraient ces matières premières, mais ceux-ci sont également exposés à des risques climatiques physiques, ce qui accroît le risque de concentration.
Actions recommandées
La mesure dans laquelle certaines entreprises ou branches en Suisse sont ou pourraient être touchées par les risques climatiques à l’étranger dépend de leur nature, de leur chaîne d’approvisionnement spécifique et de la capacité à substituer des prestations préalables importées. Voici ce qu’elles peuvent faire pour se protéger :
D’une manière générale, les entreprises devraient étudier les possibilités de diversifier leurs chaînes d’approvisionnement afin de réduire leur dépendance vis-à-vis de certains fournisseurs. Pour renforcer leur résilience, elles devraient, dans la mesure du possible, répartir leurs fournisseurs entre différents pays et différentes régions à l’intérieur des pays, surtout s’il s’agit de pays pouvant subir des pertes de production importantes du fait des risques climatiques. Cela permet d’atténuer les effets des perturbations locales.
L’industrie devrait réduire au minimum sa dépendance vis-à-vis d’une source unique en développant des réseaux de fournisseurs alternatifs, notamment pour les produits intermédiaires et les matières premières critiques.
Des contrôles et des évaluations des risques climatiques à intervalles réguliers peuvent contribuer à identifier les points faibles dans les chaînes d’approvisionnement et permettre l’élaboration de plans d’urgence. En particulier lorsqu’une entreprise est dépendante de quelques fournisseurs importants, elle devrait procéder à des évaluations de risques spécifiques pour ces derniers.
Les entreprises devraient associer les principaux fournisseurs au contrôle des risques afin d’obtenir des informations sur leurs risques spécifiques et leurs stratégies de réduction des risques.
En soutenant activement ses partenaires commerciaux dans leurs efforts d’adaptation aux changements climatiques, la Suisse renforce leur capacité de résistance, ce qui se répercute à son tour sur la sécurité économique de la Suisse.
Étant donné que les dangers tels que les inondations sont très locaux, les évaluations des risques climatiques sont indispensables pour les sites de production spécifiques des principaux fournisseurs. Même dans les pays à haut risque, tous les sites ne sont pas touchés de la même manière. À l’inverse, certains fournisseurs de pays à faible risque peuvent être exposés à de graves menaces locales. Pour discuter des dangers locaux spécifiques, il est par exemple possible d’utiliser des outils tels que CLIMADA ou des services météorologiques et climatiques locaux.
Les risques climatiques devraient être intégrés aux stratégies nationales de sécurité d’approvisionnement, en particulier pour l’alimentation, les médicaments et les matières premières critiques.
Base de données
Le projet s’est principalement appuyé sur le modèle open source CLIMADA du Weather and Climate Risk Group de l’EPF Zurich. Celui-ci a été considérablement développé dans le cadre du projet. La nouvelle version étendue est disponible sous forme de code open source pour une utilisation publique.
Des tableaux MRIO (Multi-Regional Input-Output) de la World Input-Output Database (WIOD) ont été utilisés pour évaluer l’importance économique des pays et des branches pour les chaînes d’approvisionnement de la Suisse. Ils offrent une vue d’ensemble complète des interactions économiques entre les différentes régions ou pays. Toutefois, certains pays ne figurent pas dans les tableaux du MRIO. L’équipe de projet a développé une méthodologie d’estimation des valeurs pour ceux-ci.
CLIMADA est un logiciel gratuit et open source développé par une grande communauté scientifique. En tant qu’outil spécialisé facilement accessible, il aide les spécialistes de la recherche, de la politique et de l’économie à évaluer les effets des dangers naturels et les stratégies d’adaptation.
Grâce à de nouvelles fonctionnalités développées dans le cadre du projet « Répercussions générales des changements climatiques sur la Suisse », CLIMADA permet désormais également de modéliser les risques économiques indirects. Les résultats fournissent ainsi une vue plus complète des conséquences potentielles et permettent aux organisations d’évaluer mieux encore leur exposition aux risques. Cela est d’autant plus important que les phénomènes climatiques extrêmes sont de plus en plus fréquents et intenses et que les relations commerciales internationales peuvent non seulement avoir des répercussions locales, mais aussi entraîner des conséquences importantes pour d’autres pays.
En outre, l’équipe du projet a amélioré la base de données pour différents dangers (
Avec de l’expérience dans la modélisation des risques et des connaissances de base de Python, l’outil est relativement facile à utiliser. Entre de bonnes mains et avec les bonnes données, CLIMADA peut constituer une base précieuse pour une analyse des risques cohérente et transparente.
Les changements climatiques accroissent le risque d’arrêts de production dans le monde entier. C’est pourquoi nous devons également garder à l’esprit les risques qui se présentent chez nos partenaires commerciaux. De tels effets indirects sont difficiles à calculer. Ils sont complexes et doivent d’abord être associés à des conséquences directes. La nouvelle fonction de modélisation des effets indirects dans CLIMADA sera toutefois d’une grande aide.-- Dr. Samuel Juhel, chaire de météorologie et des risques climatiques, EPF Zurich
Portée et limitations
- L’analyse ne prend en compte que les effets causés par trois risques climatiques sélectionnés (inondations fluviales, ouragans tropicaux et tempêtes hivernales européennes). Les changements lents (p. ex. perte de productivité de la main-d’œuvre due à une augmentation générale de la température), à l’exception de l’élévation du niveau de la mer, ne sont pas examinés.
- Seuls les effets physiques sur la production économique sont modélisés. Les effets sur le transport et la logistique de même que les changements dans les schémas migratoires ou la coopération au développement ne sont pas étudiés.
- Les effets économiques secondaires liés à la baisse des revenus, aux pertes de crédit et à l’augmentation des risques transitoires ou d’assurance ne sont pas pris en compte.
- L’analyse a été réalisée à l’aide d’un modèle input-output (de 2011) basé sur des structures commerciales fixes. En d’autres termes, la perte de production d’un fournisseur donné se répercute proportionnellement sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement. En réalité, les entreprises sont toutefois partiellement en mesure de remplacer leurs fournisseurs ou d'adapter leur production. En outre, les flux commerciaux supposés sont les mêmes dans la perspective de référence et dans la perspective future. Les changements liés au climat peuvent ainsi être considérés de manière isolée. En d’autres termes : tous les changements mentionnés ici sont dus à une variation de la fréquence et/ou de l’intensité d’un danger, qui est liée au climat. L’intégration de scénarios de développement économique entraînerait d’importantes incertitudes supplémentaires et des changements de risque non liés au climat, qui pourraient masquer les effets des changements climatiques.
- La répartition géographique réelle et la valeur de la production des secteurs économiques ne peuvent être qu’approximatives : par exemple, il est possible d’attribuer clairement le secteur minier à un lieu donné par l’existence de mines. Pour d’autres, ce n’est pas si simple. Par exemple, une localisation approximative de l’industrie manufacturière est obtenue en mesurant les émissions de différents polluants atmosphériques liés à l’industrie manufacturière. La production annuelle totale du secteur est ensuite répartie géographiquement en fonction de la quantité d’émissions.
- Différents scénarios de référence et d’avenir ont été utilisés pour l’analyse, en fonction de la base de données disponible. Par exemple, les périodes de référence du scénario « Aujourd’hui » varient en fonction du risque (1980-2020 pour les cyclones tropicaux, 1980-2000 pour les inondations, 1980-2010 pour les tempêtes européennes). Pour l’évaluation des effets sur les rendements agricoles, seules quatre plantes cultivées représentatives ont été modélisées : le riz, le maïs, le soja et le blé. Par ailleurs, le scénario d’avenir RCP6.0 a été utilisé ici. Certains produits agricoles fortement affectés par le changement climatique, comme le cacao ou le café, n’ont pas été explicitement modélisés.
- Le site Internet prend en compte uniquement les effets sur les importations, mais pas ceux sur les exportations. Ces derniers sont pris en compte dans le rapport final et peuvent y être consultés.
En raison des limitations, les résultats doivent être considérés comme une estimation des effets possibles et non comme des prévisions précises.
Plus de détails dans le rapport final, chapitre 4
Téléchargements
Les résultats complets du projet, les interprétations et les détails de la méthode sont résumés dans le rapport final :
NCCS-Impacts: Final Report. Project:
Liens
Kontakt
Vincent Roth
vincent.roth@bafu.admin.ch
Bundesamt für Umwelt BAFU
CH-3003 Bern
info@bafu.admin.ch
Dernière modification 13.08.2026