En 1952, la Suisse était encore loin du droit de vote des femmes, les autoroutes n’existaient pas, et l’informatique en était à ses balbutiements. Aujourd’hui, la société a profondément changé. À quoi ressemblera-t-elle à la fin du siècle ? Il est impossible de le prédire avec exactitude : plus l’horizon temporel s’étend et plus la complexité du système augmente, plus l’incertitude quant aux évolutions possibles s’accroît. Les scénarios d’avenir restent néanmoins importants, car les développements sociaux peuvent avoir des répercussions considérables, notamment sur la consommation des ressources, les émissions de gaz à effet de serre ou les infrastructures. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) travaille à cet effet avec des scénarios socio-économiques mondiaux (SSP). Dans le cadre d’un projet du programme NCCS-Impacts, cinq scénarios pour la Suisse (SSP-CH) ont été élaborés sur la base d’entretiens avec 59 chercheuses et chercheursainsi que de discussions menées lors de cinq ateliers. Ceux-ci décrivent différentes voies de développement présentant des aspects positifs et négatifs et ne constituent ni des visions ni des prévisions. Ensemble, ils ouvrent un large champ de perspectives d'avenir : un avenir dominé par les énergies fossiles, un avenir marqué par les conflits, un avenir avec de grandes inégalités, un avenir axé sur le bien commun et un avenir efficace en ressources.
Un autre objectif du projet était de déterminer les émissions de gaz à effet de serre pour ces cinq scénarios. Afin que les scénarios puissent servir de base à des estimations quantitatives, les descriptions qualitatives ont d’abord dû être traduites en paramètres de modélisation quantitatifs. À cette fin, INFRAS et PROGNOS ont développé des modèles simplifiés capables de prendre en compte également des facteurs qualitatifs tels que la conscience environnementale.
De plus, quatre ensembles d’instruments de politique climatique (SPAs – Shared Policy Assumptions) ont été formulés dans le cadre du projet, avec différents niveaux d’ambition et d’intervention. Ceux-ci ont ensuite été combinés avec les SSP-CH afin de modéliser leur impact sur les émissions de gaz à effet de serre. La modélisation montre que les émissions de gaz à effet de serre qui en résultent varient parfois considérablement selon le scénario.
Aucun scénario n’est considéré comme plus probable qu’un autre ; ils servent à explorer des hypothèses de type « si… alors » et à en déduire les domaines d’action pour le présent. Ils aident les responsables politiques et les chercheurs à mieux évaluer les effets à long terme des décisions dans le contexte de différentes évolutions socio-économiques et à considérer de manière globale les effets possibles sur les émissions, l’économie et la société. Les nouveaux scénarios élaborés dans le cadre de ce projet NCCS Impacts constitueront ainsi à l’avenir une base solide pour la planification des mesures face au changement climatique, qu’il s’agisse de l’adaptation au changement climatique ou de la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
